Chapelle au Rwanda Concours YAC 2019

chapelle, cicatrice, mémoire

Localisation : Rwanda 
Montant des travaux : _ 
Surface : _ 
Mission:_ 
Statut : _ 
Devis offert
Nous quittons l'agitation de Rukomo et nous nous dirigeons vers le nord, la route goudronnée disparaît sous la poussière et se transforme en piste. Un plateau émerge au loin, au bout du chemin, les vallées sont à nos pieds, le vert des collines environnantes nous irradie. Le soleil décline, les rayons sont attirés dans le nuage de poussière qui nous suit. La montée vers la chapelle commence, le chemin serpente à travers les pins, des balises en acier nous guident vers notre but. Les longs troncs de pins ponctuent la promenade, plus loin, les arbres sont moins denses, les rayons apparaissent. Nous passons devant le monastère, les pins se raréfient, nous nous rapprochons du soleil. La chapelle, est un sanctuaire, abrité dans un cadre naturel, la végétation dense filtre la frénésie de la vallée et des villages, seul le bruit du vent contre les grands arbres qui nous entourent et les oiseaux troublent le silence. Le lieu de culte se dresse au milieu de l'herbe claire, un chemin métallique sur la clairière nous invite à y entrer. Ces lignes d'acier convergent vers la grande porte métallique ornée d'une simple croix. La monumentalité de la chapelle n'est pas due à ces proportions mais à son emplacement sur le territoire. C'est un point de repère, une empreinte, une marque. Selon le point d'arrivée, la chapelle apparaît ou disparaît dans les rayons du soleil, c'est un mirage. Des lames d'acier s'élèvent dans le ciel rouge et lourd et jouent avec les rayons du soleil. Les lames semblent si frêles devant la verticalité du bâtiment, pourtant il s'enfonce dans les entrailles de la terre pour trouver leur équilibre. Le lien entre les morts et les vivants est là, c'est une chapelle pour ceux qui sont là et ceux qui ont disparu. Cette deuxième chapelle, invisible, enterrée, crée les fondations de ce qui est visible à la surface, les fondations, les racines, d'une communauté tournée vers son avenir. Au travers de ses fondations, la chapelle se tient aux côtés des morts et abrite les vivants. L'enterrement est mort et guérit les blessures. Chaque lame est un lien entre les deux mondes. La structure interroge l'immatériel. Plus que de simples lames d'acier, c'est l'air, la lumière qui s'infiltre entre ses lames. C'est un espace qui nous pousse au-delà des murs, pour nous immerger dans la spiritualité. Il nous donne le sentiment qu'il y a quelque chose de plus grand qui est peut-être plus proche ici qu'ailleurs. Le sonneur de cloche appelle les fidèles à la prière en tapant sur les grandes lames d'acier qui forment la structure, l'écho se répand dans la vallée, les ondes sonores réverbérantes sur chacune des autres lames et se répandent dans le sol. C'est l'heure de la prière. Sur la place, le long des lignes d'acier, les fidèles affluent. La fête se poursuit à l'extérieur, les prières résonnent dans les vallées environnantes. Le paysage devient un théâtre de la nature, un cadre pour les plus grandes cérémonies. C'est un lieu de repos, de pause, d'escale, un refuge, une ville, un point de repère. C'est le lieu d'une histoire commune, de blessures communes, d'une identité commune C'est un lieu du passé, du présent et surtout de l'avenir. C'est un lieu pour se ressourcer, guérir ses blessures, s'amuser. C'est un lieu d'échange, de communication, de dialogue, de pluralité, de rencontre, de socialisation, de contraste, de partage C'est un lieu de deuil, de connexion avec l'au-delà, de souvenir et de renaissance C'est un lieu d'aide, d'entraide, de solidarité et de dignité. C'est un lieu de protection, de réflexion et d'espoir. C'est un lieu d'arrivée C'est le lieu d'un nouveau départ…Projet conçu en association avec Tom Mestiri de l’atelier minga 
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